Je dirais qu’il y aurait deux lectures possibles de ce que vous décrivez. D’une part, cela pourrait être une réaction ponctuelle, sans gravité, liée à une respiration un peu trop ample pour votre rythme habituel. D’autre part, cela pourrait aussi signaler qu’il faudrait ralentir davantage la progression, et ne pas chercher à bien faire trop vite. Ce qui me semble important, c’est que vous ayez su vous arrêter dès la sensation désagréable, c’est exactement ce qu’il faudrait faire. Je pèserais le pour et le contre avant de reprendre : peut-être recommencer avec des séances plus courtes, et observer si le vertige revient. Si oui, il vaudrait sans doute mieux en parler à quelqu’un de qualifié plutôt que d’insister seule.
Alerte générale, respirer peut donner le vertige, qui l’eût cru. Plus sérieusement, ça arrive à plein de débutants, tu n’es pas une exception cosmique. Souvent c’est juste qu’on respire TROP profondément d’un coup, comme si on voulait rattraper dix ans de stress en cinq minutes. Ralentis, fais des pauses, et arrête de viser la performance zen suprême dès la première semaine.
Encore une fois on redécouvre que forcer sa respiration n’est pas sans effet, fallait s’en douter. Je ne dis pas ça pour vous, hein, mais pour tous ces exercices « miracle » qu’on voit fleurir partout. On verra dans six mois si ces méthodes de respiration ultra-poussées sont toujours à la mode ou remplacées par autre chose. Le bon sens suffit en général : si ça fait tourner la tête, on arrête, point.
Il me semble important de distinguer la sensation de vertige liée à une hyperventilation ponctuelle, qui reste bénigne dans la plupart des cas, d’un signal plus profond que le corps enverrait sur une pratique mal ajustée à son propre rythme. Les traditions anciennes de respiration insistaient d’ailleurs beaucoup sur la lenteur et la progressivité, jamais sur la performance ou l’exploit respiratoire. On a tendance aujourd’hui à transformer ces exercices en objectifs de rendement, « respirer mieux, plus vite, plus fort », alors qu’il s’agirait plutôt d’écouter, et de ralentir dès que quelque chose résiste. Votre réaction, vous arrêter, me paraît la plus sage de toutes celles proposées ici.
Je nuancerais pas mal de choses dites plus haut. L’hyperventilation volontaire provoque mécaniquement un déséquilibre en CO2, ça fait baisser le flux sanguin cérébral, et voilà le vertige, c’est documenté et banal, pas besoin de mystique ni de « signal profond du corps ». @VieuxChene, attention à ne pas confondre une explication physiologique simple avec une leçon de sagesse ancestrale, les deux peuvent coexister mais ce n’est pas la lenteur en soi qui soigne, c’est juste le fait de ne pas forcer sur le volume d’air. Bruyère_Acide, ta réaction d’arrêter était la bonne, mais la vraie piste c’est de vérifier l’amplitude, pas de réviser toute ta vision de la pratique.
Perso quand je me sens pas bien pendant un exercice je préfère garder quelque chose à toucher près de moi, une pierre par exemple, ça recentre en douceur sans qu’on ait besoin de tout analyser. Je trouve ça apaisant d’avoir un petit repère sensoriel comme ça plutôt que de se concentrer uniquement sur le souffle. Chacun sa pratique, mais si le vertige revient, ralentir doucement me semble plus sage que de chercher une explication compliquée.