Attention à ne pas généraliser à partir de ressentis individuels, même si je comprends l’argument de @Silex_Du_Matin. Le jeûne intermittent n’est pas forcément un protocole rigide, certains le vivent comme quelque chose de très léger, juste ne pas manger avant une certaine heure sans calcul précis à la minute. La question c’est plutôt : est-ce que la pratique devient une source d’anxiété ou pas, et ça dépend entièrement de la personne. Dire que ça va contre le dépouillement me semble un raccourci, on pourrait aussi dire que ne pas manger le matin c’est justement plus simple que de préparer un petit-déjeuner.
En vrai je trouve ça hyper efficace quand c’est bien fait, jeûne léger plus pause respiratoire de quelques minutes au réveil, et c’est parti pour la journée ! Pas besoin d’y passer une heure ni de se prendre la tête, trois minutes de respiration suffisent largement pour se recentrer. Après chacun fait comme il sent, mais je trouve ça dommage de voir le jeûne comme forcément lourd, ça peut être un petit rituel efficace comme un autre.
Il me semble important de distinguer deux choses que l’on mélange souvent dans ce genre d’échange : la pratique elle-même, et le discours qu’on construit autour. @Zenitude_Express, vous parlez d’efficacité, de trois minutes qui suffisent pour se recentrer, mais c’est précisément ce vocabulaire qui m’inquiète, on applique au corps et à l’esprit la grammaire du rendement, comme s’il fallait optimiser son réveil comme on optimiserait une tâche. Les anciens qui jeûnaient, dans les traditions monastiques par exemple, ne le faisaient pas pour gagner du temps ni pour être plus performants au travail, ils le faisaient par renoncement, par lenteur assumée. Je ne dis pas que le jeûne intermittent moderne soit condamnable en soi, mais qu’on le présente comme un outil d’efficacité matinale me semble trahir ce qu’il pourrait être, à savoir une forme de retrait, non de productivité.
Perso le jeûne j’ai jamais testé mais tout ce débat sur l’efficacité ou le renoncement ça me dépasse un peu tkt. Moi le matin j’ai juste besoin de 2 min de respiration rapide avant d’affronter la journée, si en plus il faut calculer les heures où je peux manger ça va me stresser plus qu’autre chose. Courte et simple, sinon j’abandonne direct.
Je suis assez d’accord avec @VieuxChene sur le fond, même si mon domaine c’est plutôt le jardin que le jeûne. Pour faire simple, on retrouve exactement le même travers avec le sol : on veut l’optimiser, le rendre productif tout de suite, alors qu’un sol vivant a besoin de lenteur, de laisser faire les choses. Ce qu’il faut comprendre avec le jeûne comme avec le compost, c’est que vouloir mesurer et accélérer un processus naturel finit souvent par en abîmer le sens. Rien n’empêche de jeûner simplement, sans appli ni calcul à la minute, mais dès qu’on parle de rendement du matin, on change complètement de logique.
Je sais pas si c’est le bon endroit pour dire ça… mais moi le jeûne ça m’angoisserait direct, j’ai déjà du mal à me concentrer le matin avant les cours sans en plus penser à ce que je peux manger ou pas. Une respiration guidée courte ça suffit largement je trouve, pas besoin d’ajouter une contrainte en plus… Après je comprends pas trop tout le débat sur le renoncement, désolée si c’est une question bête.